Voici le groupe de femmes lors de notre excursion à Mokolo, dans le cadre de nos activités entourant le 8 mars. C'était jour de marché et nous en avons profité pour faire des provisions de choses qu'on retrouve rarement chez nous !!!
L'ambiance était à la joie, chansons et discussions très animées tout au long du parcours !!!
Un blog sur une expérience de volontariat en éducation au Cameroun, des commentaires et recueil de témoignages de Camerounais et de volontaires internationaux basés au Cameroun
Association des mères d'élèves, à Pouss
Des mères d'élèves se réunissent pour soutenir leurs filles à l'école de Bagassaré, mars 2009
vendredi 30 mars 2012
L’histoire de Tekele : comment la communauté va sauver son Centre d’études secondaires.
Vendredi 23 mars dernier, j’assiste –avec l’Inspecteur et deux autres staff de l’Inspection- à la remise des bulletins de ÉP Tekele. Ça ne sera pas une autre remise de bulletins ordinaire … car tout de suite après avoir souhaité bonnes vacances pour la pause de Pâques, la communauté s’est dirigée vers une salle de classe pour une réunion extraordinaire de l’Assemblée des parents et enseignants.
Tekele est loin en brousse, à une heure de moto de Maga sur la route de piste, et le village –très joli avec ses allées de nîmiers et ses murs de concession décorés- est le 2ème plus ancien après Pouss. Son école primaire a été érigée en 1963 et il en est sorti des élites qui rayonnent dans tout le Cameroun jusqu’à Yaoundé. Sa réputation n’était plus à faire, ses enfants brillaient même au lycée de Maroua.
Mais aujourd’hui, c’est une autre histoire. Ses effectifs baissent, peu d’enfants font le concours d’entrée en 6ème –notre sec.1- et son Centre d’études secondaires qui était rempli à pleine capacité par les enfants du village est aujourd’hui fréquenté par des enfants du Tchad et d’autres villages. Si on n’y prête pas attention, « nos enfants vont travailler pour d’autres maîtres » comme l’a si bien dit un parent. Et d’autres CES poussent ça et là, et ils font une concurrence féroce pour attirer les meilleurs éléments de Tekele.
Les parents font le constat de la situation, mais c’est surtout l’Inspecteur qui met cartes sur table : si rien n’est entrepris pour attirer les enfants à l’école, c’est le CES de Tekele qui disparaîtra. Point final. Les élites d’hier se retourneront dans leur tombe et celles d’aujourd’hui porteront la triste responsabilité de signer son certificat de décès.
Que faire alors ?? D’abord, il faut que les parents paient les frais d’APEE qui servent à payer certains enseignants. On en est encore là en 2012, où il faut convaincre les parents d’aujourd’hui des bienfaits de l’école car eux-mêmes ont été témoins de la lente dégradation de la qualité de l’enseignement. « Pourquoi continuer à payer pour la scolarité de mon enfant si après 3 ans, il ne sait même pas encore lire, écrire et compter !! » s’est exclamé un parent. Et bien, si vous payez vos maîtres, ils vont enseigner, c’est simple comme ça. Ça prend de la volonté, et comme je le disais à l’assemblée, la volonté « ça ne se mange pas, ça ne s’attrape pas dans l’air, c’est seulement entre les deux oreilles ». Le chef traditionnel du village m’a regardée en approuvant d’un signe de tête qui en disait long…
On peut aussi attirer les enfants dans des bâtiments où les enfants ne sont pas assis à même le sol, où les murs ne sont pas en paille. Les parents ont commencé à cuire des briques et ils se sont mobilisés pour demander des sacs de ciment à leurs élites.
Pour moi, c’est comme ça que commence un plaidoyer … et de composer une lettre qui fera son chemin … et l’histoire de Tekele pourra continuer avec ses nouvelles élites et plus d’enfants instruits.
Et moi de rentrer en moto par un autre chemin tout aussi long et au soleil de plomb, qui me donne souvent à penser qu’il faut aussi plus que de la volonté pour prendre le chemin de son école primaire. Il faut aussi du courage.
Tekele est loin en brousse, à une heure de moto de Maga sur la route de piste, et le village –très joli avec ses allées de nîmiers et ses murs de concession décorés- est le 2ème plus ancien après Pouss. Son école primaire a été érigée en 1963 et il en est sorti des élites qui rayonnent dans tout le Cameroun jusqu’à Yaoundé. Sa réputation n’était plus à faire, ses enfants brillaient même au lycée de Maroua.
Mais aujourd’hui, c’est une autre histoire. Ses effectifs baissent, peu d’enfants font le concours d’entrée en 6ème –notre sec.1- et son Centre d’études secondaires qui était rempli à pleine capacité par les enfants du village est aujourd’hui fréquenté par des enfants du Tchad et d’autres villages. Si on n’y prête pas attention, « nos enfants vont travailler pour d’autres maîtres » comme l’a si bien dit un parent. Et d’autres CES poussent ça et là, et ils font une concurrence féroce pour attirer les meilleurs éléments de Tekele.
Les parents font le constat de la situation, mais c’est surtout l’Inspecteur qui met cartes sur table : si rien n’est entrepris pour attirer les enfants à l’école, c’est le CES de Tekele qui disparaîtra. Point final. Les élites d’hier se retourneront dans leur tombe et celles d’aujourd’hui porteront la triste responsabilité de signer son certificat de décès.
Que faire alors ?? D’abord, il faut que les parents paient les frais d’APEE qui servent à payer certains enseignants. On en est encore là en 2012, où il faut convaincre les parents d’aujourd’hui des bienfaits de l’école car eux-mêmes ont été témoins de la lente dégradation de la qualité de l’enseignement. « Pourquoi continuer à payer pour la scolarité de mon enfant si après 3 ans, il ne sait même pas encore lire, écrire et compter !! » s’est exclamé un parent. Et bien, si vous payez vos maîtres, ils vont enseigner, c’est simple comme ça. Ça prend de la volonté, et comme je le disais à l’assemblée, la volonté « ça ne se mange pas, ça ne s’attrape pas dans l’air, c’est seulement entre les deux oreilles ». Le chef traditionnel du village m’a regardée en approuvant d’un signe de tête qui en disait long…
On peut aussi attirer les enfants dans des bâtiments où les enfants ne sont pas assis à même le sol, où les murs ne sont pas en paille. Les parents ont commencé à cuire des briques et ils se sont mobilisés pour demander des sacs de ciment à leurs élites.
Pour moi, c’est comme ça que commence un plaidoyer … et de composer une lettre qui fera son chemin … et l’histoire de Tekele pourra continuer avec ses nouvelles élites et plus d’enfants instruits.
Et moi de rentrer en moto par un autre chemin tout aussi long et au soleil de plomb, qui me donne souvent à penser qu’il faut aussi plus que de la volonté pour prendre le chemin de son école primaire. Il faut aussi du courage.
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